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24/5/2012 : Midi du Librex « Le financement des cultes et de la laïcité »

En Belgique, et selon le principe de neutralité, le financement des cultes et de la laïcité est assuré par l’Etat. Mais, sur quels critères se fait la répartition de l’enveloppe budgétaire ? Y a-t-il une correspondance avec la réalité des pratiques confessionnelles ou non confessionnelles des citoyens ? Y a-t-il une totale impartialité de l’Etat à l’égard des institutions représentatives des cultes et de la laïcité ? Les instruments législatifs, dont certains datent de la période napoléonienne, sont-ils encore adaptés au contexte actuel et au critère de transparence tant demandé ?

Force est de constater que non. Depuis quelques années, la lenteur pour réaliser la réforme du système de financement témoigne des désaccords entre les représentants, et également des difficultés pour l’Etat à maintenir une cohésion d’ensemble.

Pour aborder cette question, notamment du point de vue des laïques dont nous nous revendiquons, le Centre régional du Libre Examen a invité trois personnalités :

- Caroline Sägesser, membre du CIERL, nous fera l’analyse de la situation à partir de ses deux ouvrages Cultes et Laïcité et Le prix de nos valeurs (visionner la vidéo CAL)
- Anne Fivé, Directrice juridique au Centre d’Action Laïque, formulera l’avis critique du CAL sur le fonctionnement actuel et les différents rapports.
- Rolf Falter, Adviseur des Cultes et Laïcité, au Ministère de la Justice, nous éclairera sur les positions de la Ministre Turtelboom notamment par rapport au rapport de 2011 réalisée par la commission des experts réunis à propos de la réforme de la législation.

Date : 24/5/2012 de 12h00 à 14h30

Lieu : Bruxelles Laïque – 18-20 avenue de Stalingrad – 1000 Bruxelles

Paf : 5 € (avec sandwiches et boissons)

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Ahmed Marzouki, l’ex bagnard de Tazmamart, invité par le Librex à Bruxelles

Par Anne Bernard

Où en est-on des droits de l’Homme au Maroc ? Après les années de plomb du roi Hassan II, que penser de l’ouverture affichée par son successeur Mohammed VI ?

Vendredi 12 novembre 2010 au CAL, le Centre régional du Libre Examen a réuni plus de quatre-vingt personnes pour aborder ce sujet très controversé si l’on en juge par l’ambiance qu’il régnait dans la salle. Pourtant, dés les premiers instants, le cadre était posé et, en présence de Ahmed Marzouki en personne, nous avons visionné le film poignant du réalisateur Mohamed Ouchen, Rencontre d’un ancien détenu de Tazmamart tout au long duquel, l’ex bagnard et quelques autres survivants retracent leurs dix-huit années d’enfermement dans des conditions inhumaines puis leur parcours plein d’embuches pour retrouver une vie « normale ».

Après sa libération en 1991, après des études et un diplôme d’avocat, mais aussi avec la publication de son livre Tazmamart Cellule 10 en 2000, Ahmed Marzouki s’est fait le défenseur des droits de l’Homme. Aujourd’hui, il parle avec pudeur et fermeté. De la vie d’emmuré dans une cellule minuscule infestée, sans air et sans lumière. De ses tortionnaires. De ses camarades, ceux qui en sont sortis vivants et ceux qui y sont morts. Des histoires qu’ils se racontaient pour ne pas sombrer dans la folie. De leur état de délabrement physique et psychique à leur sortie. Des séquelles à vie. Des intimidations (voire plus) pour qu’ils se taisent après. De ce Maroc qu’il ne reconnaît pas tant celui-ci a changé, tant il en a été longtemps extrait. Des promesses de réhabilitation qui tardent. Des années d’attente avant d’obtenir le droit aux soins de santé. Du combat actuel pour obtenir un droit à la retraite, pourtant bien légitime après une si longue réclusion arbitraire.

Il faut croire que le témoignage d’Ahmed Marzouki continue de déranger certaines personnes, eu égard aux coups et aux insultes dont celui-ci a été victime deux jours auparavant sa visite au Librex, alors qu’il se rendait à une conférence sur le même thème, programmée par le Centre International cette fois. Et pour cause, son témoignage exprime toute l’ambivalence d’un régime marocain qui cache des pratiques encore répressives à l’encontre de ses citoyens, derrière une image rassurante d’ouverture et de démocratie vis-à-vis de l’extérieur. Car, il ne faut pas s’y tromper, malgré les déclarations officielles du gouvernement et la création de l’Instance Equité et Réconciliation en 2003, le Maroc n’est pas un Etat de droit, mais bien un pays policier, régenté par le bon vouloir de son roi.

Victime de l’Histoire, Ahmed Marzouki continue donc son combat contre la violation des droits humains et les arrestations arbitraires qui se pratiquent régulièrement au Maroc. Et ce vendredi soir, à la tribune du Librex, il est accompagné de deux militantes venues également pour témoigner. Ibtissame Lagchar, cofondatrice du Mouvement alternatif pour les libertés individuelles, nous raconte les tracas dont elle fait l’objet (arrestation, surveillance, interdiction de sortie du territoire) depuis qu’elle a voulu organiser un pique nique public à Mohammedia pendant le ramadan en septembre 2009. Meriem Demnati, de l’Observatoire Amazigh des droits et libertés, présente la lutte acharnée que les membres du Mouvement culturel Amazigh mènent pour faire reconnaître leur langue et leur identité.

Trois conférenciers, tous marocains mais avec des vécus, des causes et des moyens d’expression bien différents : l’écriture pour trouver la paix intérieure et cicatriser des plaies en laissant aux générations suivantes une trace du passé ; l’engagement dans la laïcité pour s’émanciper d’une société contraignante et inquisitrice sur le plan des valeurs ; l’action politique dans un parti d’opposition pour sauver tout un peuple d’une oppression millénaire et proposer un autre projet de société aux citoyens marocains. En les laissant tous les trois s’exprimer longuement, notre modérateur Mohamed El Battiui de l’ULB a permis au public attentif de percevoir toute l’humanité à travers leur récit personnel et d’entendre leur cri, un cri universel qui dénonce les spoliations, les injustices, les droits bafoués, l’usage de la peur, de l’humiliation et de la violence comme outils pour maintenir l’ordre établi, soumettre les Marocains au silence, sauver les apparences. D’entendre un cri, donc, et une voix, à l’unisson, pour nous parler de liberté.

Et dans le public, en guise de réponse, des réactions multiples et variées sont revenues en écho. Comme cette femme qui, avec véhémence, s’en est pris aux conférenciers et leur a reproché de ne pas suffisamment apprécier les avancées de Mohammed VI. Ce qui n’a pas manqué de faire réagir la tribune, comme si la générosité d’un prince pouvait remplacer une vraie Justice dans un véritable Etat de droit et constituer un progrès à même de ramener dans son giron des contestataires ingrats !

Ou cette étudiante d’origine congolaise qui, surprise de découvrir que le Maroc ne respecte pas les droits de l’Homme – elle pensait que c’était l’apanage de son pays la RDC – demande à Ibtissame Lagchar : « Mais, enfin, que cherches-tu pour ton pays ? », Et notre jeune militante de lancer : « Je cherche la liberté. Parce que j’aime mon pays. Je veux pouvoir être marocaine sans être musulmane, sans que l’on me colle une religion à laquelle je ne crois pas. »

Ou ce laïc bien belge qui se veut rassurant en rappelant qu’en Belgique, contre la pression de l’Eglise catholique, il a fallu se battre pour obtenir un enseignement public et que, comme rien n’est jamais acquis définitivement, il faut rester vigilant pour que la pensée a-dogmatique subsiste. « Les religions ne lâchent jamais rien. Il n’y a pas de raison qu’il en soit autrement pour les laïques au Maroc. Alors bonne chance et bonne lutte ! » conclut-il avec philosophie.

Ou encore, ce Marocain immigré depuis l’âge de 12 ans qui, se tournant vers Ahmed Marzouki, dit simplement « Pardon », puis rajoute pour le reste de l’assemblée, sincèrement troublé et désorienté :« devant la religion, à Bruxelles aussi, il y a tant d’hypocrisie dans le système marocain. Que peut-on faire ? »

Cet homme partira de la conférence sans que personne ne lui ait apporté une réponse sur un plateau. Car, c’est bien dans l’esprit du libre examen que de laisser chacun confronter sa conscience à une question si fondamentale. Cependant, j’ai eu le sentiment qu’en prenant ainsi la parole dans le fief bruxellois de la laïcité, mais aussi devant un auditoire un peu méfiant à l’égard de sujets considérés encore comme tabous, il avait fait une brèche dans le mur de silence derrière lequel il vit certainement depuis tant d’années.

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12/11/2010 : Film-Conférence « Rencontre d’un ancien détenu de TAZMAMART »

Le film : Au cours des années septante, deux tentatives de coup d’état contre le Roi Hassan II du Maroc sont perpétrées par des militaires. Ils impliqueront à leur corps défendant nombre d’officiers et de simples soldats. Ahmed Marzouki était élève sous-officier lorsque lui et ses camarades ont été aiguillés vers Skhirat en pensant aller à Benslimane pour y exécuter des manoeuvres… L’aventure se solde par un séjour de 18 ans au bagne de Tazmamart. Il raconte l’histoire de ses compagnons de prison et la difficulté des « survivants » à retrouver une place dans la société marocaine.

Programme de la Conférence : Après les années de plomb, le nouveau roi Mohamed VI a suscité beaucoup d’espoirs. Créée en 2004, l’IER (l’Instance équité et réconciliation) a pour mission d’apporter un réglement global à la question des violations des Droits de l’Homme au Maroc (disparitions et détentions arbitraires) et de formuler des recommandations pour que ces situations ne se répètent pas. Qu’en est-il dans les faits ? Les recommandations sont-elles suivies par les autorités ou restent-elles lettres mortes ? Pour répondre et témoigner, Le Librex, Ligne de Mire et le comité de soutien de l’AMDH ont invité : 

  • Ahmed MARZOUKI – Ancien détenu de Tazmamart
  • Ibtissame LACHGAR – Cofondatrice du mouvement MALI – Groupe alternatif pour la défense au Maroc de la liberté individuelle
  • Amine ABDELHAMID – Vice-président de l’Association Marocaine des Droits Humains (AMDH)
  • Meriem DEMNATI - Pédagogue et chercheuse sur la culture amazigh, de l’Observatoire Amazigh des droits et libertés (OADL)

Modérateur de la conférence : Mohamed EL BATTIUI - ULB

Date : 12 novembre 2010 à 19h00

Paf : 3 €

Lieu : Centre d’Action Laïque, Campus de la Plaine ULB, Accès 2, avenue Arnaud Fraiteur – 1050 Bruxelles 

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